une journée aux Jeux de la francophonie à Abidjan

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Les huitièmes Jeux de la francophonie battent leur plein à Abidjan. S’ils sont encore peu médiatisés, en Côte d’Ivoire, le public est au rendez vous.

Seulement six petites minutes et voilà Adama Diatta à bout de souffle. Le Sénégalais parvient à peine à marcher, il dégouline de sueur, mais il a ce qu’il voulait. Acclamé par les maracas, les vuvuzelas et une quarantaine de se compatriotes euphoriques, le lutteur vient d’emporter la médaille d’or en – 61 kilos. « Je suis soulagé, fatigué, mais heureux. J’ai donné l’exemple… », lâche-t-il. Sept fois champion d’Afrique, il a combattu devant un public fait de novices. En Côte d’Ivoire, la lutte libre reste un sport confidentiel. « Ces Jeux de la francophonie sont une vitrine pour nous. Les meilleurs sont les Canadiens, les Roumains, les Sénégalais et les Camerounais mais il est temps que ce sport se démocratise en Afrique », estime Vincent Aka, le responsable du développement de la lutte libre sur le continent.

Ce dimanche 23 juillet, le palais des sports d’Abidjan est plein à craquer. Alors que les lutteurs s’affrontent, les basketteuses françaises viennent de l’emporter à l’arraché sur les Maliennes et les footballeurs burkinabès tentent d’en découdre face à la Guinée. Les policiers déployés en nombre – plus de 10 000 membres de forces de l’ordre sont mobilisés pour ces Jeux – ont décidé de fermer les portes du complexe, tant les gradins étaient plein à craquer.

À l’extérieur, on fait tout de même la queue et on ne désespère pas. « Ca fait 3 heures que j’attends ! Mais je reste là jusqu’à la nuit », lâche Souleymane, venu en famille de Yopougon, à l’autre bout de la ville. Peu connus, les Jeux de la francophonie remportent cette année le pari de l’attractivité – les organisateurs attendent 500 000 spectateurs. Dans les salles et les stades, les Abidjanais, attirés par la gratuité de l’événement, se pressent pour assister aux compétitions. De 7h à 21h, ils ont l’embarras du choix : course à pied, tennis de table, basket ball, peinture, littérature…

Près de 4 000 participants

Dans un pays où le ballon rond fait office de religion, sans surprise, le prix de la popularité est remporté ce dimanche par le football. Autour du stade Champroux, dans le quartier de Koumassi, la file indienne pour entrer dans le stade court sur des centaines de mètres. Et tant pis si la majorité de ces aficionados ont déjà raté la première mi-temps de Mali-Congo-Brazzaville. La passion est à ce prix.

Organisés tous les quatre ans tour à tour dans un pays du Nord et un pays du Sud, les Jeux de la Francophonie accueillent cette année près de 4 000 concurrents représentants 53 pays. Sports et culture font l’objet de joutes pendant dix jours du 21 au 30 juillet, avec parfois des disciplines étonnantes. Bien loin des sports les plus populaires, la jonglerie est notamment au programme.

Le but de jeu ? Assurer le spectacle avec une balle, de tennis, de ping-pong ou de football. Le jury, intransigeant, évalue les concurrents et leur chorégraphie à leur créativité, leur maîtrise technique mais aussi aux réactions du public.

Jonglerie et contes

Certains diront qu’il a l’avantage d’être à domicile, mais sans nul doute l’Ivoirien Ignace Kassio est loin devant à l’applaudimètre. Pendant six minutes, sur un air de Magic System, il enflamme ses admirateurs. Son secret ? Le rebond sur le postérieur, une figure qui provoque les hourras du public. « Habituellement, on m’invite pour les mariages, les baptêmes ou dans les boîtes de nuits… C’est la première fois que je me retrouve devant tant de monde, c’est extraordinaire », dit-il, espérant remporter dans quelques jours la grande finale.

Non loin de là, au Palais de la culture, ce sont d’autres belles histoires qui se racontent. Durant quelques heures, les bords de la lagune Ebrié se peuplent de princes et princesses, de drôles d’animaux et d’étranges personnages. Sur scène, les conteurs hypnotisent le public. « Je vais vous raconter une histoire de mon village… », commence Jules Ferry, le poète représentant le Congo-Brazzaville.

À quelques mètres de là, Maimouna tend l’oreille. Elle a encore son tablier autour du cou mais vient de terminer sa journée. Gérante de maquis, elle a loué un stand à proximité pour la durée des Jeux « Ces histoires, là, elles me plaisent tous. Je ne sais pas qui va l’emporter. Moi, en tout cas, j’ai déjà gagné. Ce dimanche, j’ai fait mon record de vente de poulet braisé ! »

(Bouake News)

Source: Jeune Afrique

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